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Programme (PDF - 229 Ko)

La mixité urbaine et la mixité sociale constituent tout à la fois une opportunité économique et un facteur de risque.
- Opportunité économique parce qu'elles peuvent être l'occasion de réhabiliter des zones urbaines encore délaissées et d'initier dans ces quartiers un développement socio-économique nouveau.
- Facteur de risque aussi, parce que la mixité urbaine comme la mixité sociale posent aussi des problèmes sociaux et constitue pour les personnes publics et privés un risque financier réel (dégradation des locaux, danger d'impayés, etc.).


Résumé du compte-rendu de la conférence :

« Mixité sociale, mixité urbaine.

Ces termes, synonymes, renvoient à la volonté de maintenir le lien social en faisant vivre ensemble des personnes de conditions et de cultures différentes, pour éviter la formation de ghettos.
La mixité, rappelle M. Leblond, était en fait la règle jusqu’à ce qu’apparaisse, au XIXe siècle, la ségrégation née de la Révolution industrielle. Cette question prend un tour tout à fait actuel à notre époque où les concepts discrédités de lutte des classes et de révolutions s’effacent devant ceux de collaboration des classes.

Mais si les moyens d’une politique de mixité urbaine existent, leur mise en œuvre suppose qu’un certains nombre de conditions soient remplies.

Certains outils existent tandis que d’autres sont encore à l’état de propositions. M. Cain souligne la très forte incitation législative : il y a la proportion de 20% de logements sociaux exigée des communes dans le cadre de la loi SRU ou encore la proclamation du droit au logement opposable. M. Cain montre que l’Etat va même parfois jusqu’à contrecarrer la volonté des communes et de leurs électeurs.
Mais Mme Bascou relève que la contrainte étatique n’est pas la seule méthode efficace. Plusieurs intervenants ont montrés que le logement social privé est souvent moins onéreux que le logement social public. Les actions menées par la SIEMP dont nous parle Mme Giboudeaux pour la réhabilitation et la défense des espaces privés prouvent que l’aide à la propriété privée favorise la mixité urbaine. La venue des classes aisées dans des quartiers anciennement déshérités comme ceux du nord ou de l’est parisien est l’un des résultats étonnants de ces initiatives privées.
M. Devergne préconise enfin d’étendre d’autres pratiques comme l’amélioration des garanties de paiements des bailleurs privés ou la cession temporaire d’usufruit. Ce dernier dispositif proposé aux organismes HLM ou aux collectivités locales ou aux associations ou aux sociétés privées a pour objectif d’augmenter le parc locatif de logements sociaux.

Les conditions requises ne sont pourtant que rarement réunies.
La réalisation des objectifs de mixité trouve un obstacle dans la réticence des élus et des électeurs. On observe en outre un détournement de ces politiques, qui profitent en dernière analyse aux ménages dont le revenu de niveau est satisfaisant. En effet, 70% de la population française peut prétendre à un logement social. M. Gabilla , président de la Fédération des promoteurs constructeurs, parle même de rente de situation.
Mme Maleyre montre en outre dans son intervention, qu’en vertu du "principe d’exemplarité" dégagé par l’économiste américain Galster : on obtient une élévation générale du niveau social dans un espace urbain déterminé que si le taux de pauvreté reste inférieur à 15% de la population. Par contre, c’est l’effet inverse qui se produit si l’on dépasse ce taux, ce qui prouve que la mixité urbaine est une arme à double tranchant. De même, une personne de l’assistance fait remarquer que le racisme apparaît de part et d’autre quand une communauté représente plus de 25% au sein d’une population ce qui est désormais très fréquent.
De plus, la conception abstraite et égalitaire de l’Homme qui sous-tend actuellement l’action de l’Etat ne lui permet pas d’appréhender et de remédier au phénomène de la ségrégation. Sa volonté se heurte enfin à l’accroissement préoccupant d’une dette publique qui s’élève aujourd’hui à 2000 milliards d’euros, ce qui fait redouter à M. Colbert, financier à la Caisse des dépôts et des consignations, une cessation des paiements à moyen terme. La contradiction se creuse entre les moyens financiers et les objectifs volontaristes et dirigistes affichés par l’Etat. »



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